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Décision en situation d’incertitude

Comment les acteurs concernés par les activités à risque appréhendent-ils les incertitudes? Comment s’en accommodent-ils ou y «font-ils face», lors de l’examen de problèmes, de prise de décision ou prise de position?

Conférence le 5 juillet 2016 à Paris

La Foncsi a organisé le 5 juillet à Paris au Centre Malesherbes de la Sorbonne (17e arr.) une conférence gratuite sur l’incertitude.

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Enjeux et objectifs

Consultez et téléchargez :
> le feuillet de présentation de ce programme de recherche

Les personnes impliquées dans la gestion des activités à risques (exploitants de sites industriels, autorités de contrôle, compagnies d'assurance, organisations syndicales), et plus généralement concernées par la présence de ces activités (collectivités territoriales, associations, etc.) sont confrontées à des incertitudes de différentes natures. Ces incertitudes concernent la nature des dangers induits par ces activités industrielles, en particulier lorsque des innovations technologiques ont été introduites : on pense par exemple au débat sur les nanotechnologies. Elles concernent aussi l'impact de changements d'organisation chez les exploitants ou les autorités de tutelle, que ces évolutions soient provoquées par la recherche d'une meilleure productivité, par de nouvelles exigences réglementaires, par de nouvelles attentes des parties prenantes.

Différentes stratégies sont mises en place pour gérer cette incertitude. S'agissant d'incertitudes portant sur un événement redouté (puissance d'un éventuel séisme, tensions générées sur la structure d'un avion lors d'un orage), les concepteurs caractérisent l'aléa sous forme de distribution de probabilités, décident d'un événement de référence (crue centennale, par exemple), puis « sur-dimensionnent » l'installation en se fixant des marges de sécurité par rapport à l'événement de référence.

Lorsque les incertitudes peuvent conduire à des effets aussi bien positifs que négatifs – pensons au risque financier – les gestionnaires caractérisent également le phénomène aléatoire sous forme de distributions de probabilités et se fixent un événement de référence (comme la pire évolution du marché sur les 100 derniers jours). Ils calculent ensuite le value at risk, ou quantité qu'ils seraient susceptibles de perdre si cette mauvaise évolution devait se produire ; les autorités de tutelle des banques leur imposent de disposer de réserves suffisantes pour affronter ces événements exceptionnels.

Des accidents récents montrent que ces approches peuvent être prises en défaut, quand un séisme plus important que prévu survient, ou que l'interdépendance entre risques pesant sur différents actifs est sous-estimée, conduisant à des phénomènes de baisse de cours en cascade.

Comment font alors les personnes responsables de la gestion des risques (en tant que concepteurs, exploitants, contrôleurs) pour faire face à leurs incertitudes sur la pertinence des moyens qu'ils mettent en place ou qu'ils prescrivent ? Comment intègrent-t-ils la pression de la société en matière de précaution et les inquiétudes des parties prenantes avec lesquelles ils sont en contact? Quel impact sur leurs décisions (les « micro-décisions » quotidiennes aussi bien que les grands arbitrages), sur leurs relations avec des collègues, des personnes d'autres métiers, sur leur façon de parler de leur travail ? Comment les élus locaux, représentants d'associations, riverains appréhendent cette incertitude, et quel est l'impact sur les questions posées, les pressions exercées à différents niveaux ?

Programme de recherche

La Foncsi a lancé en 2008 un appel à propositions scientifiques visant à mieux comprendre comment, en pratique, les acteurs à divers titres concernés par les activités à risque appréhendent et intègrent les incertitudes et, surtout, comment ils s'en accommodent. Il s'agit de déterminer comment les acteurs font face à l’incertitude lors de l'examen de situations, lors de prise de position ou de décision ; comment ils procèdent pour créer des conditions rendant possible l'action dans des environnements incertains.

6 équipes de recherche (françaises mais aussi européennes) ont été retenues pour financement. Elles relèvent de disciplines scientifiques variées – psychologie, sociologie, gestion, génie industriel et ingénierie nucléaire – et s'intéressent à des sujets ou des terrains d'étude différents : la prévention des risques dans les installations Seveso, la gestion d'une pandémie grippale, les décisions en groupe en milieu hospitalier, le développement de médicaments dans le secteur pharmaceutique.

Les projets

  • Étude des processus de décision dans un contexte d’incertitude : les décisions d’investissement dans les projets pharmaceutiques, équipe composée de Saïna Hassanzadeh (doctorante, École des Mines d’Albi), Didier Gourc et François Marmier (École des Mines d’Albi, département Génie industriel) et de Sophie Bougaret (Manageos)
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  • Processus de décision en situations d’incertitude: Acteurs, espaces et procédures de la prévention des risques industriels, équipe composée de Fanny Girin (doctorante, ENTPE), Emmanuel Martinais (ENTPE), Laure Bonnaud (INRA), Gwenola Le Naour (IEP Lyon) et Pierre Fournier (Université d'Aix-Marseille)
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  • Les entreprises industrielles et la pandémie grippale: anticipation et décision face à un événement majeur hautement incertain, équipe de recherche composée de Véronique Steyer (doctorante, ESCP-Europe) et Hervé Laroche (ESCP-Europe)
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  • Des projets de modernisation à hauts risques, équipe composée de Thomas Reverdy (INP Grenoble) et Stéphanie Tillement (École des Mines de Nantes)
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  • Quantitative methods of uncertainty representation and modeling in risk analysis for decision-making practice, équipe composée d’Enrico Zio et Nicola Pedroni (Politecnico di Milano)
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  • Decision making in groups under uncertainty, équipe composée de Juliane Marold, Ruth Wagner et Dietrich Manzey (TU Berlin)
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