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Le partage social du risque comme impératif de gestion

Le partage social du risque comme impératif de gestion? Le cas de l’industrie à risque aux portes de Marseille

Équipe

Stephan Castel, Pierrick Cézanne-Bert et Mathieu Leborgne (CESSA)

Contexte et enjeux

Les dispositifs de partage et d'échange sur les risques conduisent les aménageurs et les gestionnaires du risque à territorialiser leur action, et à s’adresser non plus à des citoyens anonymes, mais à des victimes potentielles, parce que «proches». Les modes de gestion du risque sortent alors d’une culture de l’opacité, longtemps entretenue par l’État lui-même autour des craintes du «sur-accident», pour s’intéresser à des outils plus raffinés de réduction des vulnérabilités, où les acteurs locaux trouvent leur place. Cette ouverture à la «société civile», inscrite fortement dans la loi Bachelot (dite aussi «loi risque»), pour participer à la «protection civile» n’est cependant pas efficace par nature, et la participation du public n’est pas une recette miracle: elle doit être questionnée.

L’objet «risque industriel», dans les discours et les pratiques des actuels gestionnaires, semble par bien des aspects un objet clos où le public n’a que peu de place (en dehors de l’application des consignes). «L’expérience du risque» peut être envisagée comme un élément de l’insertion des problématiques du risque industriel dans un territoire: il s’agit ici de donner une dimension sensible, d’offrir une «prise» aux populations riveraines sur cet objet à la fois menaçant et virtuel (le risque n’est finalement qu’une probabilité de survenue d’un accident). Si la relation au territoire se décline sur les registres du vécu, concernant le risque, le registre du vécu s’avère limité ou indirect: le risque lui-même n’advient jamais et la survenue d’accident n’affecte pas directement le risque, même si elle peut augmenter la prise de conscience du risque. Les situations toulousaines et provençales sont pour nous éclairantes. Si à Toulouse la mobilisation semble passer par l’évocation de l’accident d’AZF, dans les situations autour d’usines à risque d’accident majeur à Marseille ou autour de l’Étang de Berre la mobilisation s’avère plus difficile et d’autres moyens sont mobilisés comme les simulations d’accidents (exercices PPI par exemple).

Question de recherche

L’hypothèse avançée est que l’expérience du risque peut être une des clés de la mise en débat de l’objet « risque industriel » au sein d’un territoire ; un élément perceptible dans les conditions difficiles de la mobilisation autour du risque industriel. Ce projet analysera les formes de spatialisation des risques dans les dispositifs d’information préventive et de concertation (les CLIC plus particulièrement), et cherchera à mesurer la contribution de ces dispositifs à l’émergence de communautés de risque spatialisées, le territoire devenant un vecteur d’intégration du risque dans la conscience et le comportement individuels.

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