Vous êtes ici : Accueil / Communauté / Quelques lectures

Quelques lectures de la Foncsi

Les ouvrages présentés ont été sélectionnés par l’équipe de la Foncsi, pour l’intérêt des idées exprimées et l’originalité de l’angle choisi par l’auteur.

Il ne s’agit pas d’une bibliothèque exhaustive sur la sécurité industrielle et les activités à risque, mais d’une présentation d’ouvrages qui ont retenu l’attention de l’équipe, qui souhaite à son tour les partager avec la communauté.

Si vous souhaitez nous recommander un ouvrage, merci de nous contacter à l’adresse suivante : contact@foncsi.org

OUVRAGES SUR LA SÉCURITÉ et les risques

Influencing the Quality, Risk and Safety Movement in Healthcare, K. Sears K, D. Stockley, B. Broderick, eds. Aldershot, Ashgate, 2015

Une initiative très originale. La Queen’s University Canada a fait travailler ses étudiants de mastère international de Qualité et sécurité en santé avec des experts mondiaux. Chacun avait en charge de lire toutes les productions d’un expert, de discuter avec lui, puis d’en retracer le résultat dans un chapitre. La dernière partie du livre, écrite par les encadrants scientifiques du Queens, propose une analyse transversale à toutes ces contributions.
Un excellent livre qui permet en une seule lecture de connaître les contributions des meilleurs experts mondiaux sur le domaine, leurs complémentarités, leurs différences. A noter, pour un livre nord américain, l’accent particulier mis sur les contributions majeures non US.

> Pour en savoir plus sur ce livre
 

Patient Safety Culture : Theory, Methods and Application, Patrick Waterson, Ashgate Publishing Ltd., 2014

"Measuring and improving patient safety culture : still a long way to go"
Mesurer et améliorer la culture de sécurité en santé

Un livre général (et de bonne critique) sur la culture de sécurité du patient abordant à la fois les théories, les méthodes et les applications. L’éditeur de ce livre multi-contributeurs constate la formidable montée en puissance des questionnaires de culture de sécurité en santé, au détriment de toute autre méthode de mesure, et ce, contrairement à l’expérience acquise dans l’industrie. Si l’on se réfère aux définitions classiques de la culture de sécurité, impliquant à la fois les valeurs, les attitudes, les perceptions, les compétences et les comportements, la santé s’est souvent (exclusivement ?) limitée à ne mesurer que les valeurs et perceptions, en négligeant compétences et comportements. Or, on sait qu’il est impossible d’accéder à ces éléments de compétences et de comportements sans analyse de terrain, quasiment ethnographiques. L’autre point de sévère critique formulé par l’auteur est relatif à une vision presque exclusivement causale (et quasi déterministe) de la culture comme source de toutes les qualités ou problèmes, de sorte qu’il suffirait de mesurer la culture pour connaître toutes les conséquences observables sur le terrain. Evidemment naïf.

> Pour en savoir plus sur ce livre

La presqu’île au nucléaire. Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima… Et après ?, Françoise Zonabend, Odile Jacob, 2014. Réédition augmentée de l’édition épuisée de 1989

couv_presqu_ile_nucleaireAvant la lecture de cet ouvrage, l’anthropologie nous semblait vouée à étudier des civilisations disparues ou des peuplades d’Amazonie très reculées, nous ouvrant ainsi les portes de mondes exotiques. Or, le livre de Françoise Zonabend prend pour objet d’étude anthropologique le site de retraitement de La Hague, tout d’abord son environnement, avant de nous inviter à y pénétrer. La seconde révélation a concerné le procédé de cette étude, à savoir le décryptage de nos dires qu’ils soient explicites ou qu’ils témoignent de perspectives cachées. Il est en effet étonnant de constater tout ce que nos expressions révèlent, qu’il s’agisse de ce que nous disons mais aussi, voire surtout, de la façon dont nous l’exprimons. En étudiant les propos, l’auteure nous tend un miroir et nous renvoie notre image du risque et de la sécurité. Nous savons que ce livre a été décrié. Il lui est reproché d’être un miroir déformant alors qu’il est pour nous informant. Cette étude sur le risque est en effet un révélateur des difficultés de nos relations aux autres (formateurs, industriels, maires, préfets, sous-traitants, syndicalistes, universitaires, ou simples citoyens) mais aussi des difficultés de nos relations à nous-même (comme riverain-employé, ou comme citoyen-consommateur d’énergie par exemples). Le parti-pris de l’auteure n’est pas de juger et encore moins de condamner les activités nucléaires mais d’apporter sa contribution au questionnement indispensable de la sécurité. En effet, la sécurité ne peut être maintenue que par une remise en question fréquente des organisations, en commençant par nos pratiques individuelles.

> Pour en savoir plus sur ce livre

La planète des hommes. Réenchanter le risque, Gérald Bronner, PUF, 2014

couv_reenchanter-risqueAvec pour sous-titre « Réenchanter le risque », le livre de Gérald Bronner intitulé La planète des hommes, publié fin septembre 2014, nous donne le point de vue d’un sociologue sur le principe de précaution. Il expose et illustre par de nombreux exemples, de quelle manière la « peur de l’homme » face à ses innovations technologiques, présumant précipiter la fin du monde, conduit à une inaction nuisible. Son livre souligne également les préjugés moraux, montrant comment des groupes s’érigent en juges des travaux de recherche ou des avancées technologiques, alors que l’histoire nous démontre l’incertitude des répercutions effectives à long terme de ces travaux. Si les contemporains d’Einstein avaient considérés en 1905 la théorie de la relativité restreinte comme « contre nature » car remettant en question les « évidences » de la loi de la gravitation universelle, le GPS ne serait pas d’usage courant un siècle plus tard. Mais cette incertitude pose problème à notre société et l’entraîne dans l’inaction de peur de causer « l’apocalypse écologique ». Or, l’inaction tout comme la rétroaction nous mène au pire… assurément.

> Pour en savoir plus sur ce livre

L’erreur humaine, James Reason, Presses des Mines, 2013

Couv Erreur Humaine« Oldies but goodies ! » a été notre réaction à l’annonce de cette réédition de la traduction française du célèbre livre de Reason. Offrir de tels ouvrages à la lecture ou à la relecture n’est pas qu’un devoir de mémoire. Ce type de livre est assurément utile pour fonder les acquis. Connaître les dernières nouveautés est certes une chose importante ; comprendre le chemin qui y a mené apporte une autre profondeur à ces connaissances. La lecture de ce livre est donc utile à la fois aux praticiens mais aussi aux chercheurs des diverses disciplines pour découvrir et tirer profit de nombreuses notions de base de psychologie sans en posséder les savoirs universitaires.

> Pour en savoir plus sur ce livre

Trapping Safety into Rules, Corinne Bieder & Mathilde Bourrier, Ashgate, 2013

TrappingSafetyintoRules« Les procédures sont considérées par certains comme une panacée aux maux de la sécurité, alors que pour d’autres elles sont des solutions à double tranchant qui entravent autant qu’elles aident. Ce livre fournit une analyse nouvelle des questions de base tant théorique que pratique, et est une référence précieuse pour tous ceux qui ont identifié la différence entre suivre des règles de sécurité et travailler en sécurité. »
Erik Hollnagel, Université de Southern Denmark, Danemark.

> Pour en savoir plus sur ce livre

L’apocalypse joyeuse, Jean-Baptiste Fressoz, ed. Seuil, 2012

Couv Apocalypse JoyeuseL’industrialisation des XVIIIe et XIXe siècles a fondé notre société technologique actuelle : ses biens de consommation (par le développement de l’industrie chimique), ses moyens de transport (chemins de fer), ses sources d’énergie (usines à gaz pour l’éclairage et chaudières haute pression pour la force mécanique), ou encore son approche de la santé (vaccination). Elle a aussi créé les risques inhérents.
Cet ouvrage décrit et illustre à travers de multiples exemples non seulement la prise en compte du développement de ces activités à risque technologique par la société à travers diverses facettes (administrative, juridique, législative, normative, organisation sociale, politique, technique… et surtout humaine) mais aussi comment cette société a influé sur le développement de ces activités. L’analyse historique qui y est présentée nous permet de mieux comprendre la situation présente et les interrogations qu’elle soulève.

> Pour en savoir plus sur ce livre

Sociologie du risque, David Le Breton, ed. PUF, « Que sais-je ? », 2012

SociologieduRisqueCe fascicule considère à travers de nombreux exemples et mises en situations, divers aspects des relations entre risque et société : relativité, perception, acceptabilité, sentiment de sécurité, responsabilité, prévention, précaution… et enfin passion. Sa lecture par des praticiens ou chercheurs des sciences de l’ingénieur sera utile au dialogue avec les chercheurs en sociologie, en permettant de mieux comprendre les questions qu’ils abordent et leurs façons de le faire.

> Pour en savoir plus sur ce livre

PUBLICATIONS DE LA FONCSI

Nouveaux tweets